VÉRONIQUE VELLA, UNE FEMME DE THÉÂTRE


Véronique Vella, ma DIVA
Photo: capture d'écran Deolinda Vilhena

Le 1er janvier 2024, bien plus que le début d’une nouvelle année, c’était le jour où ma DIVA, Véronique Vella, a fêté ses noces de rubis avec Molière, c’est-à-dire 35 ans en tant que Sociétaire de la Comédie-Française. C’est déjà énorme et beau comme peuvent l’être les plus beaux rêves que nous n’osons jamais rêver. Mais ce n’était pas tout. 

Ce même 1er janvier 2024 restera aussi comme la date où Mlle. Véronique Vella est devenue vice-doyenne de la Comédie-Française, auprès de Thierry Hancisse qui en devient Monsieur le Doyen.  faut expliquer, pour ceux qui n’ont pas la chance ou l’occasion d’être plus proches de l’histoire et des légendes de cette Maison, que le Doyen de la Comédie-Française est l’acteur qui est dans la troupe depuis le plus longtemps, et non pas le plus âgé ou le plus ancien sociétaire.

De plus, ce 1er janvier 2024 marque aussi l’entrée de Véronique Vella au comité d’administration de la Maison. 


Pour ceux qui aiment le théâtre, pour ceux qui, comme moi, sont passionnés par la Comédie-Française, il est impossible de ne pas applaudir ma DIVA, même si j’ai pris trois jours de retard, ce n’est pas facile d’écrire quelques mots dignes de sa trajectoire. Il faut toujours applaudir toutes ces années consacrées au théâtre et dévouées à cette cathédrale des laïcs, pas tant que ça finalement, car on croit tous au dieu THÉÂTRE, qu’est la Comédie-Française.


C’est touchant et émouvant pour moi de vivre ce moment. D’abord parce que je suis aussi une femme de théâtre. Ensuite, parce que Véronique Vella est devenue depuis quelques années ma DIVA. Et être ma DIVA offre à Véronique une place d’honneur dans mon panthéon personnel, c’est-à-dire, dans mon cœur. 

Pour elle, ça ne change rien. Pour moi c’est le bonheur. 

Les DIVAS sont là pour nous rendre à la fois avertis et heureux. Quoi de plus difficile et de plus beau ? 


Mais, comment devient-on une DIVA dans la vie d’une personne qui, depuis 1972 est un public fidèle du théâtre, qui, depuis 1976 est une professionnelle du théâtre et pire encore, qui, depuis 1999 est une chercheuse dans le domaine des arts du spectacle, avec tous les titres exigés par les universités. Il ne faut pas oublier que l’exigence faite aux Bac +8, +10 ou +19, est de ne pas démontrer leurs préférences et surtout de ne pas se laisser emporter par le sentiment, il faut toujours accorder la plus grande place à la raison. 


Une DIVA – en majuscules parce que je fais la différence entre « diva » et « DIVA » – s’est construite dans mon imaginaire de spectatrice au fil des années. Entre la première fois où la personne a attiré mon attention sur scène, ce moment magique où tu as l’impression que quelqu’un t’a coupé le souffle et le jour où je vais commencer à l’appeler ma DIVA, il peut se passer des années. 


Cela s’explique. Il me faut d’abord admirer pour ensuite aimer, le talent et le feu sacré sont indispensables. 

Une belle voix est fondamentale. Chantée et parlée en plus ? Le rêve. 

Mais cela ne suffit pas, en plus d’une belle voix il faut avoir les qualités d’interprète. Au temps de l’intelligence artificielle n'importe qui peut chanter, mais avoir une âme ce n’est pas donné à tout le monde. Et seul le temps peut me donner l’occasion de voir si je suis devant une DIVA ou si je me suis trompée. Oui, cela peut arriver. Cela m’est déjà arrivé. 


Mais, comme il faut faire attention à qui j’ouvre la porte de mon panthéon personnel j’essaie toujours de tracer le parcours qui m’a amené à faire d’une personne ma DIVA. Plongée depuis des mois dans la préparation d’un profil de Véronique Vella pour une revue universitaire brésilienne, c’est en effectuant les recherches nécessaires que j’ai pris conscience de ces beaux moments vécus à Richelieu, au Vieux-Colombier et au Studio-Théâtre. 


Comme ce texte n’est pas un article ou un papier universitaire, je peux me permettre de le faire dans le désordre, ou bien dans l’ordre dicté pas par mon cerveau, mais par mon cœur. Même parce que les recherches ne sont pas encore terminées, il en manque un paquet, ma DIVA travaille comme une folle, pas de Chaillot mais de la Place Colette. Et bien sûr, c’est évident que je n’ai pas pu voir tous ses spectacles, malheureusement. J’habite de l’autre côté de l’Atlantique et je ne suis pas riche, c’est donc impossible. Je partage ici quelques petits bouts de chemin.

La Souris (Le Chien – Les Contes du Chat Perché)

 Dans la saison en cours (2023/2024) je l’ai vue trois fois, et il y en aura encore une quatrième, dans Le Chien, de Marcel Aymé, dont elle cosigne la mise en scène avec Raphaëlle Saudinos. Ah, que j’aime ce spectacle, ses chansons et ses comédiens, avec bien sûr un faible pour la Souris qui n’est pas une souris verte, mais grisonnette, rayette, rayonnette et rayonnante avec sa queue immense et ses souliers pleins d’herbes vertes, qui joue de la guitarette et chante son blues.


Le 11 décembre j’étais au Vieux-Colombier. Dans le cadre de C’est lundi au Vieux-Co, pour une soirée, coordonnée par Frédéric Maget : Colette, cette inconnue. Et sur la scène sacrée du théâtre de Jacques Copeau, une diva : Juliette Noureddine et ma DIVA, Véronique Vella. En arrivant du théâtre j’ai écrit sur Facebook : « Pour l’instant tout ce que je peux vous dire est : je ne suis pas sûre d’avoir vécu tout ce que j’ai vécu ce soir. Je vais dormir pour essayer de reprendre le rêve (…) C’était sublimissime. ». 


Le 31 décembre, après avoir vu Le Chien, j’ai revu Le Bourgeois Gentilhomme. Délirante comédie-ballet de Molière, dans la mise en scène de Valérie Lesort et Christian Hecq. C’était une drôle de sensation car j’ai l’impression d’avoir vu un spectacle que j’avais raté la première fois. À méditer pour mieux comprendre. 

Une remarque : Véronique ne joue plus l’élève du Maître de musique, et malgré la performance de Marie Oppert, Véronique m’a manqué. Mais, sa Nicole est belle et bien là, toujours impeccable et implacable. Je reviendrai le 15 janvier pour fêter, comme il faut, les 402 ans du « patron », aussi connu comme Molière !


En plus, j’attends avec impatience Vivre avec nos morts, le texte de Delphine Horvilleur qu’elle lira le 6 février prochain à la Coupole de la Salle Richelieu. Passionnée par l’écriture de Horvilleur et fan de la voix profonde de Véronique, je suis bien placée pour vous témoigner de sa capacité à séduire et émouvoir le public quand elle lit un texte. Lire un texte à voix haute et jouer un rôle ce n’est pas la même chose. Véronique excelle dans les deux situations. Je l’entends déjà lire une phrase, même sans connaître les extraits qu’elle lira : « Cinq minutes avant de mourir, elle vivait encore » et j’ai la chair de poule.


La deuxième partie de l’alternance va me donner l’occasion de voir, enfin, Mais Quelle comédie! spectacle conçu et mis en scène par le binôme Serge Bagdassarian et Marina Hands. Le COVID a annulé sa dernière représentation de la saison 2021/2022 et après ces années d’attente, je toucherai une prime : la rentrée de ma DIVA dans la distribution.

 

En revanche j’ai raté son interprétation magistrale de Mme Peachum, dans L'Opéra de quat'sous, le chef d’œuvre de Bertolt Brecht et Kurt Weill, dans la mise en scène de Thomas Ostermeier. Heureusement, il y a eu le direct du Festival d’Aix-en-Provence sur ARTE Concert et tout de suite après le CD et le DVD. Ce n’est pas la même chose, rien ne remplace le face à face, mais on peut se régaler. Il me semble être condamnée à ne pas voir ma DIVA jouer Célia Peachum, car en 2011, j’avais raté le montage, de la mise en scène signée Laurent Pelly au Français.

Je regrette aussi ne pas pouvoir être à Paris au moment où Art Majeur occupera le Studio-Théâtre. Outre la conception et la mise en scène de Guillaume Barbot, que j’aimerais découvrir, il y aura Véronique et la musique, et cette association est bien plus que de la rime. 


Thierry Hancisse, Bakary Sangaré et Véronique Vella - Sans Famille 

Photo: Christophe Raynaud de Lage

Je me souviendrai toujours, qu’après 643 jours d'abstinence théâtrale, Covid-19 oblige, la vie m'a donné l'occasion unique de retourner au théâtre, dans une salle de la Comédie-Française. C'est ainsi que, bénie des dieux et déesses du théâtre, je suis entrée au Vieux-Co – le théâtre de Copeau, maître de tant de mes maîtres, pour voir Sans Famille, une formidable adaptation de Léna Bréban et Alexandre Zambeaux d'après l'œuvre d'Hector Malot. D’après la metteuse en scène c’était « un hommage à la magie du théâtre, à l’artisanat du plateau. ».  Avec nulle autre que Véronique Vella, ma DIVA, dans le rôle de Rémi. 

C’était beau à pleurer, un mélange passionnant d’intelligence et de générosité, avec une pincée de tendresse, et voilà une Diva qui excelle. Rien de nouveau, car je parle d’une actrice mémorable, avec quelque chose qui la rend encore plus spéciale pour une étrangère : une diction absolument parfaite, permettant à ceux qui n'ont pas le français comme langue maternelle de ne rien manquer. 

Après l’émotion de revenir au théâtre, d’avoir vu un vrai bijou porté par des comédiens exceptionnels, l’envers du décor n’a pas été moins émouvant. Ce 16 décembre 2021 j’ai rencontré Véronique Vella, en vrai, pour la première fois de ma vie. Inoubliable moment !


Lydia Ekdahl (Véronique Vella) dans Fanny et Alexandre

Photo: capture d'écran Deolinda Vilhena

Et il y a eu Fanny et Alexandre, d’Ingmar Bergman. Mise en scène Julie Deliquet. Lydia Ekdahl est l’un des personnages de Véronique Vella qui m’a le plus touchée, l’épouse allemande de Carl (Laurent Stocker) qu’il ne cesse d’accabler. J’ai vu devant mes yeux encore une fois, une comédienne majeure, toujours épatante. Quand au milieu de sa douleur elle chante, oh là là, on frissonne à tel point que j’ai même volé 16 secondes de la musique en vidéo.


Je ne peux pas oublier que dans La Vie de Galilée, de Bertolt Brecht, mise en scène Éric Ruf, il m’a fallu faire très attention pour reconnaître ma DIVA, dans les magnifiques costumes signés Christian Lacroix. Elle était plusieurs, le Côme de Médicis, la Vieille Femme, la Première Dame de réputation internationale et Marchand. D’ailleurs ce que j’admire beaucoup en Véronique Vella c’est cette capacité à devenir méconnaissable dans certains rôles, à tel point de ne pas se faire reconnaître à la sortie des artistes de la Comédie-Française après le spectacle.  


Dans La Cerisaie, de Tchekhov, mise en scène Clément Hervieu-Léger, Véronique était une fois de plus sublime, sa Charlotta Ivanovna, ses tours de chant et de magie m’ont fait rire et pleurer. Un texte qui me passionne, des comédiens au sommet et toute la délicatesse et la finesse d’un metteur en scène qui sait distribuer ses cartes sur le plateau de jeu. 


Blanche, plus que sublime VV, 7 Minutes

Il m’a fallu attendre beaucoup pour rencontrer la Blanche de Véronique Vella, dans 7 Minutes, de Stefano Massini, mise en scène Maëlle Poésy. Je lisais les critiques et c’était impossible de ne pas être impatiente pour découvrir sa Blanche, l'unanimité des critiques signalait que le groupe de onze comédiennes sur scène était brillant, non sans s'incliner devant le travail de Véronique Vella. 

Fabienne Darge, critique du journal Le Monde a écrit : “Véronique Vella trouve avec le personnage de Blanche le plus beau rôle de sa carrière. Elle est tout simplement magnifique (…).” Et Hélène Kuttner d’ajouter : « elle fait preuve d’une finesse prodigieuse, tour à tour maternelle, protectrice, gardienne de phare, et lanceuse d’alerte d’une lucidité politique féroce. Plus vraie que nature, elle démontre une fois encore la richesse de son engagement et de son talent dans un rôle complexe et singulièrement actuel. ». 

Je n’ai pas hésité une minute pour prendre le RER deux fois les 8 et 9 décembre de 2022 pour Cergy-Pontoise pour finalement pouvoir applaudir Véronique et sa Blanche. C’était un travail de comédienne digne de tous les prix et de toutes les récompenses… Qui ne sont pas venus et ce n’est pas par hasard que de plus en plus je me méfie à la fois des prix et de ses jurys. Les dieux ont été très généreux envers moi, j’ai vu les deux dernières représentations du spectacle. Et que j’aurais voulu voir quelques fois encore.


Je l’ai vue encore en Duègne, dans Cyrano de Bergerac, dans la mise en scène étonnante de Denis Podalydès.

Mais aussi, dans L'Espace furieux, de Valère Novarina, mise en scène par l’auteur et que j’ai vu à Richelieu, à côté de mon cher Ehard Stiefel – le hasard, fait bien des choses – et invitée par Marie-Aude Hemmerlé, secrétaire de Valère Novarina et amie chère qui me manque toujours. De ce texte j’ai gardé une phrase : « la mort n’est pas vraie. ». 

Et je garde aussi de très beaux souvenirs de sa Maria, dans La Nuit des rois ou ce que vous voulez, de William Shakespeare, mise en scène d’Andrzej Seweryn. 


Véronique Vella - La Comédie Continue 
Photo: capture d'écran Deolinda Vilhena

Et en plus de tout ça, il y a eu la webtélé de la Comédie-Française qui nous a concocté pendant la période de la pandémie du Covid-19 une programmation à nulle autre pareille. Plus que voir des spectacles enregistrés au fil des ans, la Comédie-Française a bien compris que ce qui nous manquait c’était de la chaleur humaine, les yeux dans les yeux interdits par le virus. Et nous avons reçu des doses quotidiennes, des « pastilles » à nous combler l’âme et à soigner nos cœurs. 

Et Véronique était toujours là, à côté de ses camarades, tous travaillant inlassablement pour honorer la mission de service public du Français, même s’ils étaient comme des lions en cage de ne pas pouvoir être sur un plateau. 

La diffusion des émissions de la webtélé se faisait sur les réseaux sociaux qui nous permettaient d’envoyer des messages à nos comédiens préférés et de rêver de recevoir des réponses. Et elles venaient. Et c’était le bonheur. 

C’est grâce à la webtélé que j’ai découvert les cabarets de la Comédie-Française et la forte présence de Véronique Vella dans la mise en œuvre de ce côté musical au Français : L'Interlope (cabaret), création et mise en scène Serge Bagdassarian, Cabaret Léo Ferré, de Léo Ferré et mise en scène Claude Mathieu, Quatre femmes et un piano, dirigé par Sylvia Bergé et direction musicale Osvaldo Caló. 

De chacun un souvenir, des petits enregistrements volés, mais l’interprétation de Véronique Vella de Mozart avec nous (Boris Vian/Alain Goraguer) dans La Comédie-Française chante Boris Vian, est impayable et a fait un tabac dans ma bulle théâtrale brésilienne sur Facebook et Instagram. DIVA et muse. 


Véronique Vella, Le Boeuf sur la table 

Photo: capture d'écran Deolinda Vilhena

Et s’il restait encore un doute que ma DIVA était bel et bien une DIVA, le lendemain de Noël en 2020, il a disparu. La critique signalait même qu’elle était devenue « Queen Disco », je parle du Bœuf sur la table, spectacle musical de Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux avec les comédiens de la troupe.

Le Bœuf sur la table a sauvé la vie de personnes qui, comme moi, étaient seules dans leurs maisons, aux quatre coins de la planète, depuis des mois et des mois, sans famille et sans amis pour partager les réveillons de Noël et du Nouvel An 2020.  

Philippe Chevilley du journal Les Echos a tout compris quad il a écrit : « fin 2020, la Comédie-Française nous a offert ce cabaret en ligne évoquant « le bœuf sur le toit ». Réunis autour d'une table basse, chargée de gâteaux faits maison, de boissons et d'ananas, nos comédiens-chanteurs-musiciens délivrent un tour de chant affûté où Gainsbourg et Daho côtoient Christophe et Anne Sylvestre. Leurs prestations électriques sont ponctuées de bavardages débridés. Une vraie fête en streaming, avec en point d'orgue ce final héroïque où la joyeuse bande, menée par une Véronique Vella très « disco queen », magnifie les « Magnolias » de Claude François. ». 


Tout ce que je vous raconte n’est rien à côté de tout ce qu’elle a déjà fait. Je regrette d’en avoir raté la plus grande partie. 


Parmi les spectacles de Véronique que je n’ai pas vus, je regrette vraiment de ne pas avoir été choisie par les déesses et/ou les sorcières pour assister à quatre d’entre eux.


Le premier c’est La Tempête de Shakespeare, par Daniel Mesguich. Véronique en Ariel a dû être un rêve. Et je ne me trompe pas. Annie Coppermann, dans Les Échos parlait de « La grâce, la tendresse, la fraîcheur et la révolte » de Mlle. Vella. 


Ensuite, que j’aimerais avoir vu l’Hermione de Véronique Vella dire tous ses alexandrins et parmi eux, son préféré, tiré du monologue d’Hermione à l’acte V :

« Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? »

La langue de Racine est sublime, et le rôle ne l’est pas moins. 

Andromaque, la tragédie qui peut être résumée en une seule phrase : « Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort ». Comme dans le poème Quadrilha de Carlos Drummond de Andrade…

Et pourtant j’ai raté l’Andromaque de Racine dans la mise en scène de Daniel Mesguich. 


Il y a aussi l’Antigone, d’Anouilh, mise en scène Marc Paquien, où elle jouait la Nourrice. En voyant les images et en lisant les critiques et les éloges : sa « belle voix, finesse de tout l’être. Superbe. » ou « Véronique Vella incarne une ‘nounou’ aimante, déconcertée par les propos d’Antigone », passionnée par le texte et par la légende d’Antigone, je suppose avoir perdu un beau moment de théâtre. 


Et bien sûr Psyché, tragédie-ballet de Molière, Corneille, Quinault et, sans oublier, Lully, qui a écrit les musiques des ballets. Véronique a signé la mise en scène d’une pièce réputée immontable et même considérée mineure dans l’œuvre de Molière. Chanteuse, passionnée par le chant, je ne suis pas étonnée de son choix d’une pièce où les « auteurs font chanter les personnages lorsque la parole ne suffit plus à traduire l’indescriptible ». J’aime beaucoup Psyché « pièce à machine » qui, comme le dit Véronique Vella, dans le programme du spectacle, « joue sur la part d’enfance que le merveilleux d’une machinerie de théâtre éveille en nous ». À cela il faut ajouter le lyrisme amoureux de la pièce qui nous offre la plus belle déclaration d’amour, celle de Psyché à Éros :

« Plus j’ai les yeux sur vous, plus je m’en sens charmé :

Tout ce que j’ai senti n’agissait point de même,

Et je dirais que je vous aime,

Seigneur, si je savais ce que c’est que d’aimer. »


Que ça fait du bien d’écrire sur tout cela. Ce qui ne manque pas ce sont des belles pages d’histoire et de vie dans la trajectoire de ma DIVA. Elle en rajoute tous les jours quelques lignes …  au mois de décembre elle a joué dans 38 représentations entre Le Chien et Le Bourgeois Gentilhomme


Il faut raconter, de plus en plus, les histoires de ces abeilles dont la capacité à construire et à réaliser des rêves fait de la Comédie-Française la plus ancienne et la plus bourdonnante ruche du théâtre mondial. C’est aussi une façon de dire oh combien nous les aimons. 

J’ai toujours cru qu’il faut aimer les artistes, ils nourrissent nos âmes. Avec Bibi j’ai appris qu’ils sont les meilleurs amis de l’homme. Je crois aussi qu’il faut le leur dire. Je ne me suis jamais tue.


Rémi (Véronique Vella), Sans Famille au Théâtre du Vieux-Colombier

Photo: Marlène Schwartz

Enfin, je pense à la chanson de Dalida, Bambino, dans sa version française avec les paroles de Jacques Larue, qui ne m’ont jamais quittée depuis le jour où j’ai vu Sans Famille, au Vieux-Colombier :


« Si tu as trop de tourment

Ne le garde pas pour toi

Va le dire à ta maman 

Les mamans c’est fait pour ça… »


En écrivant ce texte je la chante plutôt comme ça :


« Si tu as trop de sentiment

Ne le garde pas pour toi

Donne-le à ta DIVA 

Les DIVAS c’est fait pour ça… »

 

Merci, Véronique Vella d’être si généreusement et avec tant de talent, ma DIVA.



PS - Lien site de la Comédie-Française pour tous ceux qui s’intéressent en connaître un peu plus ma DIVA, Véronique Vella: https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/veronique-vella

 

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